Le revenu de base (le film), en français!


Le revenu de base – le Film par Actuchomage

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Carole Fabre à TEDxBordeaux

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Lettre d’information N°5

Le revenu d’existence n’est pas une utopie, cest une nécessité. L’utopie, cest de courir après le plein emploi. (commentaire sur OWNI)

"Le revenu d’existence n’est pas une utopie, c'est une nécessité. L’utopie, c'est de courir après le plein emploi." (commentaire sur OWNI)

Chers signataires de l’appel pour le Revenu De Vie,

Si un long moment s’est écoulé depuis la précédente lettre, ce n’est pas parce qu’il n’y avait rien à dire ou bien que notre engagement avait diminué, au contraire!
L’appel pour le revenu de vie a été lancé il y a près de deux ans, aujourd’hui des signes montrent qu’il est de plus en plus d’actualité, en France et partout dans le monde.

L’équipe, réunie autour de l’appel, effectue une veille quotidienne sur tous les aspects de la vie sociale, politique, culturelle et économique allant dans ce sens, que vous pouvez consulter ici et . Ces informations sont si riches et variées qu’il est difficile d’en produire des synthèses dans le temps dont nous disposons. Nous ne voulons pas non plus vous assommer avec trop d’informations brutes, ou résumées trop rapidement selon un point de vue qui pourrait être jugé partial.

Néanmoins, des faits récents nous ont incité à vous proposer cette nouvelle lettre.

Outre l’actualité internationale et nationale peu réjouissante qui a sans doute pour effet d’éveiller les esprits à un certain changement de société, vous aurez noté qu’en France, la prise de position de Dominique de Villepin en faveur d’un “Revenu Citoyen” (AFP) vient de briser un tabou. Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur la formule qu’il propose, chacun conviendra que grâce à lui, l’idée d’un revenu minimum inconditionnel, hier marginalisé, est en train de s’imposer dans le débat politique, ce qui fait dire à Yoland Bresson que “le revenu d’existence sera au centre du débat en 2012″ (cf. dossier OWNI)

Toutefois le sujet est loin d’avancer tout seul, car de son côté la “gauche”, sauf exceptions, fait mine de totalement ignorer cette nécessaire transformation sociale. Les programmes annoncés à ce stade pour 2012 restent sur des sujets de taxations, d’emplois étatiques visant des populations ciblées, ou encore de revenu maximal…

Il convient donc de continuer à promouvoir l’idée du revenue de vie ainsi que son inscription dans les débats. Faisons en sorte de créer les conditions afin que toutes les sensibilités puissent s’exprimer de manière sereine. Et redoublons de vigilance afin que le revenu de vie ne devienne pas un nouveau champ de bataille pour la politique politicienne, ce qui conduirait inévitablement à en ternir l’idée, et probablement à en différer la mise en œuvre aux calendes grecques.

C’est à nous tous, signataires de l’appel, qu’incombe la charge de prendre des initiatives (comme celle citée ci-dessous). Nous en sommes tous les porte-paroles!

Et bien entendu, n’oubliez pas d’inviter vos proches à signer l’appel pour le Revenu de vie.

L’équipe de l’appel pour le Revenu De Vie.
NOTES

Veille documentaire

Veille internationale

Dépèche AFP : Villepin propose un revenu citoyen

Dossier spécial sur le Revenu d’Exitence préparé par OWNI

Exceptions à gauche
Le mouvement des Libéraux de Gauche prépare un colloque sur le revenu d’existence pour le 26 juin à la Bellevilloise (Paris).

Le mouvement Utopia prépare aussi quelque chose. A suivre…

Exemple d’initiative
Projection du film “le revenu de base” suivi d’un débat au cinéma Utopia de Toulouse

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Le mouvement pour le revenu de vie en Allemagne

Quelques liens transmis par Marie-Paule Donnier-Valentin, merci à elle!

Modèles de financement

1) Gotz Werner
Gotz Werner a écrit plusieurs livres best-seller (le dernier avec Adrienne Goehler).
http://www.unternimm-die-zukunft.de/ (avec qq pages en francais)

2) Dieter Althaus, Président CDU (Chretien démocrate) du Land de Thuringe.
Président CDU (Chretien démocrate) du Land de Thuringe, qui défend depuis des années le revenu de base avec son propre modèle. Après des problèmes politiques, il vient de relancer son initiative, a créé un institut pour “de nouvelles réponses aux questions sociales” et publié un livre “Solidarisches Burgergeld”.

http://www.solidarisches-buergergeld.de

http://www.dieter-althaus.de/2.0.html?&no_cache=1 ( site personnel ancien)

http://www.dieter-althaus.de/2.0.html?&no_cache=1

Dieter Althaus a une antenne en France (M. Bobrink)
http://www.insa-online.de/buergergeld/index.html (ici avec son nouveau livre)

3) Prof. Helmut Pelzer est a l’origine du “Ulmer Modell” paru en librairie.
Il ne semble pas avoir de site en particulier mais on trouve une synthèse sur http://de.wikipedia.org/wiki/Ulmer_Modell

http://www.amazon.de/Das-bedingungslose-Grundeinkommen-Finanzierung-Transfergrenzen-Modell/dp/3828205305/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1296041467&sr=1-1

En cherchant sur sur www.amazon.de  “helmut pelzer grundeinkommen”, on voit tous ses livres au fil des ans, le dernier etant de nov. 2010

4) Modèle de la SPD /ERFT

http://www.grundeinkommen.de/10/11/2010/spd-rhein-erft-weiter-fuer-bedingungsloses-grundeinkommen.html

Il y a peut-être encore d’autres modeles, le centre de recherches économiques de Hambourg a mis une équipe de chercheurs sur le sujet.


Activistes

1) Dr. Sascha Lierbermann, intello chic et activiste,  placarde régulierement les métros des grandes villes en déclinant les questions du Grundeinkommen.
Il se bat pour les fondamentaux du Grundeinkommen, non pas pour un modèle en particulier, comme nous a Hambourg et presque partout en Allemagne au niveau local
Sur son site on trouve de nombreux documents de campagne (stickers, affiches, etc.) et toutes ses interventions vidéo.
http://www.freiheitstattvollbeschaeftigung.de “liberté au lieu de plein emploi !”

2) Mouvement federal du BGE : http://www.grundeinkommen.de
Archives exhaustives sur : http://www.archiv-grundeinkommen.de, on y trouve tout ! c’est fabuleux.

3) Susanne Wiest (auteure de la pétition au parlement), hyperactive.

http://grundeinkommenimbundestag.blogspot.com/

4) Attac.de : http://www.grundeinkommen-attac.de/grundeinkommen

5) Nombreux sites régionaux, par exemple :

http://www.grundeinkommen-hamburg.de

http://www.gespraeche-ueber-morgen.de/ (site de nos journées du Grundeinkommen en octobre dernier)

6) L’incontournable film : le revenu de base

http://www.kultkino.ch/shop/dvd_doku/6#le_revenu_base

“Kulturimpuls Grundeinkommen” (2008), ein Filmessay Von Daniel Hani und Enno Schmid.

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Toni Negri : lettre à propos de la Tunisie

Repris de la liste “Multitudes”. Source : Uninomade. Traduction Alain Hupé.

Cher A,

c’est bien vrai – il y a vingt années quand tu étais mon élève à Paris 8 – nous n’aurions pas pu imaginer que la révolution tunisienne aurait pris ce caractère et aurait soulevé des problèmes constitutionnels analogues à ceux d’un soulèvement social et politique dans l’Europe centrale.

Nous étudiions alors ensemble l’expulsion de la classe ouvrière des mines de phosphate du sud tunisien, prodrome des grandes vagues de migration interne et externe, et le lent processus de transformation que les délocalisations des filières textiles européennes ont déterminé dans ton pays. Tu t’efforçais de me montrer les potentialités productives de ton pays, outre bien sur l’activité textile et l’industrie du tourisme et des services du gaz et du pétrole (qui n’ont atteint une certaine expansion que plus tard). Tout cela est arrivé terriblement vite.

Il y a vingt années nous balbutiions au sujet de la globalisation, mais aujourd’hui c’est au point que la Tunisie est devenue une province d’Europe, et avec elle du monde. Il y a vingt ans nous percevions à peine la transformation du travail de l’industriel vers l’immatériel/cognitif, et aujourd’hui la Tunisie connait une surabondance de cette dernière figure de la force de travail. Et aussi depuis vingt ans nous découvrons les transformations terrifiantes que le néolibéralisme a imposées sur et à travers ces changements de la figure du marché et de la nature de la force de travail : la fin du système salarial classique et avec elle un chômage de masse mortifère et une précarisation insupportable – 35% de la population jeune est une force de travail cognitive mais seulement 10% travaille ; de plus en Tunisie se sont enchaînées et accumulées les destructions et les fondements du welfare, les inégalités régionales féroces, effets désastreux des processus migratoires (aussi bien ceux qui ont réussi que ceux qui ont été interrompus), le blocage des investissements extérieurs, etc,…

Enfin, ces dernières vingt années nous ont offert l’affirmation d’une dictature mafieuse, une corruption incompressible et un système répressif fourbe et cruel (fourbe en ce qu’il s’appuie et se légitime sur les peurs occidentales de la menace islamique, cruel parce qu’il fut purement et simplement une domination de classe, confiscation et oppression des potentats corrompus contre les travailleurs et les gens honnêtes). Je me demande comment se-fait il que l’on reconnaisse maintenant la spoliation et que le désir de liberté s’est révolté et a vaincu ?

L’insurrection a créé des forces neuves : comment les utiliser, comment les mettre en mouvement contre les anciens ennemis et contre les nouveaux qui apparaitront rapidement ?

“Cher professeur”, tu m’écris mais te rappelles-tu le temps où nous ironisions sur le temps des Lumières où l’on concourait pour un prix sur des projets de nouvelles constitutions de la Corse ou de la Pologne ou même de la Caroline ? Le fait est que nous ne discutions pas (cette fois sans rire) des contenus d’une nouvelle constitution de la Tunisie – ce n’est pas tant qu’ici il n’y aurait pas quelqu’un capable de bien le faire – (imprégné d’idées solitaires de conspiration, de culture politique globale qui circule quand même – sûrement plus qu’en Italie – de la peur du soulèvement et de la joie de la victoire) mais parce que parler de la Tunisie, des nouveaux droits à construire, des garanties à définir, aujourd’hui c’est aussi parler de l’Europe, dans la mesure où c’est l’une de ses régions qui va se libérer des despotes actuels !

Mon ami, mon compagnon, tu ne m’as pas convaincu – quelle ironie que ce que tu ne juges plus nécessaire reste pour moi une habitude mentale, je suis convaincu que l’on ne peut pas se substituer à ce que les protagonistes font et proposent. Il est vrai toutefois que ton problème est désormais général, qu’une nouvelle constitution de la liberté n’est pas seulement un problème tunisien mais celui de tous les hommes libres. Je te mets plus bas quelques réflexions, afin d’ouvrir une discussion, un forum auquel de nombreuses personnes pourront participer.

Pour commencer j’insiste sur ce point qui me semble plus important que les autres, pour qualifier ce que pourrait être aujourd’hui une vraie démocratie – c’est-à-dire une démocratie « absolue » qu’alors il y a vingt ans déjà nous privilégiions.

1) Aux anciens pouvoirs (législatifs, exécutifs, judiciaires) qu’il faut épurer et restaurer avec vigueur sous un contrôle permanent et accru du pouvoir législatif, viendront s’ajouter au moins deux autres agents du gouvernement démocratique, l’un qui agit dans « le secteur médiatique », et l’autre qui agit sur « les banques », « la finance ». Donc en premier lieu il n’est plus possible d’imaginer un régime démocratique qui n’ait pas la possibilité d’obliger l’information, la communication et la construction de l’opinion publique au respect de la vérité, à la liberté, au filtre de la multitude. L’extrême importance que les initiatives sur le net ont eues doit être sauvegardée comme une possibilité permanente d’exercice. Ces pratiques ne doivent avoir aucun caractère exceptionnel, et elles se traduiront par un exercice du contrôle démocratique continu. Mais ça ne suffit pas : les anciens médias devront aussi se plier à un contrôle social qui en soustraira l’activité aux blocages que l’exécutif et les partis politiques pourraient leur imposer. A présent il n’y a qu’une seule façon pour renforcer cette figure démocratique : le droit d’expression doit être libéré du pouvoir de l’argent. La pluralité de l’information ne peut représenter la voie de sa propre capitalisation mais doit être garantie par la souveraineté populaire afin de multiplier les discussions, la confrontation des opinions, les décisions. Le droit d’expression ne sera pas garanti seulement à l’individu mais aussi dirigé vers un exercice collectif, excluant toute prétention capitaliste de privation de ce droit et toute tentative de l’assujettir. Le droit d’expression sera affirmé comme une puissance constituante, ouverte à la légitimation du commun.

2) Les banques, la finance, sont devenus, au cours du développement du capitalisme, un pouvoir à part contrôlé par les élites industrielles et politiques. Dans le néolibéralisme, on a même mis fin à ce contrôle et la finance s’est rendue complètement indépendante, fondant la légitimité de son intervention au niveau global. En Tunisie, comme tu l’as dit, dans le passage à la démocratie se joue aussi une progression des formes de contrôle capitalistique sur la vie civile. Le capital financier, se présente déjà de manière plus agressive quand à la communication, et tandis que la censure est entrain de disparaître définitivement, de nouvelles formes de contrôle se mettent en place. Le problème est donc d’arrêter ce processus, de transformer les banques en un service public, de façon à ce que l’allocation des fonds financiers et l’élaboration des politiques d’investissement soient décidées en commun. Les instruments de la finance seront mis au service de la multitude. Il est clair que cela implique la construction de pouvoirs démocratiques de programmation financière, coordonnés à l’activité législative et exécutive, et donc de pouvoirs monétaires retirés à l’indépendance postiche et hypocrite de la banque centrale – qui en faisait un instrument du capital global.

Cela est une voie difficile à parcourir. On se trouve là non seulement contre les banquiers nationaux mais aussi contre les intérêts globaux du capital. Mais c’est une voie qu’il faut parcourir avec une grande détermination – prudemment mais avec détermination. Ainsi en fait on pose la première pierre d’un soulèvement global contre le néolibéralisme et le capital financier, un soulèvement qui serait enfin mûr.

Le New York Times s’en est avisé immédiatement : “one small revolution”, comme celle de la Tunisie peut enflammer non seulement le Maghreb mais tout le monde arabe. Il faut toutefois garder à l’esprit en l’étudiant qu’un autocrate peut faire des concessions (au peuple mais surtout aux banques et aux entreprises multinationales) plus facilement qu’un leader démocratique mais faible, comme celui que les tunisiens finiront par élire. C’est cela la prévision américaine. En conséquence voici notre hypothèse : il n’est pas possible aujourd’hui d’imaginer une révolution démocratique qui ne réalise avant toute autre opération, une nationalisation des banques, une réappropriation de la rente, auxquelles fera suite au fur et à mesure l’instauration des figures du droit commun. Ce n’est que par là que la puissance de la multitude peut se constituer. Le but dévolu à cette agence financière démocratiquement gérée, est de garantir le Welfare de la population tunisienne, contre la précarité, assurant un revenu garanti, la possibilité d’une éducation complète et d’une assistance médicale adaptée à chaque citoyen. Aujourd’hui il n’y a pas de liberté qui ne repose sur le commun. Ce n’est pas un hasard si la dictature a privatisé tout ce qui en Tunisie pouvait l’être – il faut donc se le réapproprier.

Cher A, ce n’est que sur le commun et sur la gestion commune que repose désormais le futur de votre génération et de vos fils. Sans doute le désastre dont vous héritez ne tombera pas d’un seul coup – dès que les nuages de l’insurrection se dissiperont, vos priorités seront de réfléchir et de décider sur tout cela. Mais le dispositif d’un gouvernement constituantne peut pas regarder que le commun. Ne laissez pas le projet du commun (cela est aussi ta préoccupation, compagnon A) aux islamistes. C’est sous une fausse propagande du commun qu’ils ont déjà développé leur activité.

3) Le troisième point concerne le gouvernement. La révolte tunisienne est un fait social, elle est née de toute la société qui travaille. Ben Ali avait bien compris qu’il ne fallait surtout pas permettre à la révolte sociale de s’exprimer politiquement et tout politique savait qu’il y avait dans le chomage des jeunes une bombe à retardement prête à exploser. Pouquoi ? La jeunesse – force de travail cognitive – est aujourd’hui la vraie classe ouvrière de l’ère post-industrielle. Puisqu’elle est une force de travail cognitive, cette jeunesse n’est pas impuissante, au contraire, elle a les moyens de dépasser la frustration qui a bloqué les strates plus pauvres et plus anciennes de la population. La culture de l’impuissance a été mise en echec avec force dans les rues de Tunis. Aujourd’hui cette jeunesse doit garder ouvert le processus révolutionnaire, en transformant l’insurrection en machine de gouvernement constituant.On ne peut pas laisser aux mains des anciennes élites (ni les socialistes, ni les démocrates, ni les islamistes) les transformations de la constitution du pays. D’autre part, les tunisiens n’ont pas tant besoin aujourd’hui d’une nouvelle constitution, qu’ils n’ont besoin au contraire d’un processus constituant élargi au pays tout entier – y compris les forces armées, la magistrature et les universités.

Le pouvoir législatif et la gouvernance nécessaire pour remettre en marche le pays doivent être directement exercés par les jeunes et les groupes révolutionnaires s’organisant dans tous les lieux dans lesquels il sera possible et urgent de le faire. Mais tout cela peut se faire si on évite le plus longtemps possible (selon les projets des Lumières de constitution démocratique dont nous parlions, ce temps ne pouvait être inférieur à une décennie) la fixation d’une forme stable de représentation.

L’habileté du pouvoir global, de ses banques, de ses institutions centrales, est vraiment grande : ils n’auraient aucune difficulté, ces messieurs, à trouver (et à payer) quelque socialiste ou quelqu’islamiste pour faire pencher la balance en leur faveur ! L’insurrection s’est montrée habile et doit trouver autant d’habileté dans son mouvement contre le pouvoir global et ses émanations méditerranéennes, qui sont déjà entrain de se concentrer contre le péril extrême de l’insurrection tunisienne et de son extension au Magrehb.

Rappelons nous (n’était-ce pas justement ta préoccupation, compagnon A ?) : si nous ne construisons pas de comités d’action constituants, ce seront les islamistes qui, extrêmistes ou modérés, feront entrer la politique dans les mosquées. Cependant, au contraire, plus il y aura de politique démocratique et constituante, plus il y aura de laïcité…

Ciao, continuons d’échanger des informations, on respire un air nouveau depuis quelque temps, un peu partout. Attendons l’Algérie.

Toni Negri

PS : Si on ouvre les journeaux économiques occidentaux, ceux de droite parlent avant tout de la baisse de la note de la dette souveraine tunisienne par les agences de notation. Moody’s a déjà dégradé la note de la dette souveraine européenne et a basculé la perspective de stable à négatif. Avec le même argument, à gauche on se lamente de cette décision parce que, au contraire, on insiste sur le fait que l’insurrection aussi est … productive. La fin des prélèvements mafieux sur l’industrie tunisienne devrait permettre une reprise de la croissance. Mais quelle croissance ? De la pauvreté, de la précarité ?

Quand à la presse politique, à droite on multiplie les menaces. Attention citoyens tunisiens, parce que si vous exagérez, l’armée est déjà prète à la répression. Cette même armée qui vous a aidés à vous libérer de Ben Ali – continuent les commentateurs de droite. N’augmentez pas la peur du vote. Mais à gauche, passé un bref moment de joie, qu’est-ce qu’on demande maintenant ? Maintenant que Ben Ali est parti, le pays saura-t-il reconstruire son appareil d’état et conduire une transition pacifique vers la démocratie ? La gauche ne demande-t-elle que cela ?

En réalité d’un bord à l’autre, l’inquiétude est aussi grande qu’a été la surprise. La transition de la Tunisie vers la démocratie deviendra-t-elle un exemple, un laboratoire, pour l’ensemble du monde musulman ? Mais si l’on ne veut que cela, ce n’est vraiment pas nouveau. Au contraire, c’est vraiment vieux : c’est tout simplement un nouveau colonialisme. Cher A, ne nous effayons pas à penser une nouvelle constitution, un nouveau processus constituant, de nouveaux instruments du pouvoir démocratique des citoyens. Dans le Magrehb, en Algérie, en Tunisie et puis aussi en Egypte, il y a eu des moments de grands et profonds développements d’une démocratie construite depuis la base. Démentons la misère répressive des commentateurs américains et européens.

PPS : Je relis cette lettre avant de te l’envoyer, nous sommes le 28 Janvier, l’Egypte brûle.

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Que feriez-vous si …


Que feriez-vous si … vous n’aviez plus à craindre pour votre survie et celle de votre famille ? Que feriez-vous si … vous, comme vos proches et chaque citoyen, pouviez compter sur un revenu suffisant pour garantir votre existence, quoi qu’il arrive, tout au long de votre vie ?

Un récent sondage en Allemagne pointe l’ironie de cette question : parmi les personnes interrogées :
  • 60% disent qu’elles ne changeraient rien à leur mode de vie si elles touchaient le revenu de vie ;
  • 30% travailleraient moins, ou feraient autre chose ; et
  • 10% répondent : « D’abord dormir, ensuite on verra. »
En revanche, 80% se disent persuadées que les autres n’en foutront plus une rame.

Et vous ? Que feriez-vous ?

Dites-le en laissant un commentaire ci-dessous. Débridons nos imaginations, cela pourra nous aider à tous réfléchir et à faire avancer le projet du revenu de vie, merci!


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Quelles sont les options concrètes pour le revenu universel et sa mise en oeuvre ?


revenu universel
envoyé par ConfUtopia. – L'info video en direct.

A l’heure où les citoyens manifestent en masse dans les rues pour affirmer leur refus de travailler sans fin pour avoir une retraite décente, un débat sur le revenu universel montre que des idées concrètes et novatrices pourraient servir de piste à des solutions plus justes, plus enthousiasmantes et moins comptables que celles-avancées aujourd’hui. Voir la vidéo de la conférence organisée sur ce sujet par Utopia avec Yoland Bresson, Denis Baupin et Baptiste Mylondo.

Source : Médiapart

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Le regard de Gérard Foucher

Utopie ou réalité ? L’arrivée d’un revenu de base,
d’un revenu de vie universel inconditionnel…
Est-ce possible dans nos sociétés ?

Source

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Création monétaire et revenu de vie, par Stéphane Laborde.

La racine à tous les maux de la crise économique provient certainement des problèmes liés à la création monétaire. Comme l’a développé parfaitement Paul Grignon avec son documentaire de vulgarisation sur la création monétaire « l’argent dette », Stéphane Laborde expose ici son point de vue sur la dictature économique des banques et son désir de voir l’instauration d’un dividende universel (revenu de vie) qui serait livré inconditionnellement à chaque citoyen européen de sa naissance à sa mort.

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Le film “Revenu de base” traduit en français

Documentaire allemand, traduit en français depuis peu, à voir absolument pour comprendre encore mieux le revenu de vie et se rendre compte que tout simplement, c’est possible !!!
Source

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